23 décembre 2012

Focus on the WAX



Le pagne wax, pour les incultes: 
C'est un tissu ciré d'origine javanaise, fils du Batik javanais, c'est durant l'ère coloniale que les hollandais s'empare de cette technique de cirage du tissu et l'exporte en Europe d'où l'appelation "Wax hollandais", mais ces tissus ne font pas d'émules en Occident jugés trop colorés et fantaisiste, c'est donc sur le marché africain qu"il écriront leurs lettres de noblesse  et connaîtront leur âge d'or jusqu'à présent indiscutable. C'est tout naturellement que ce tissu est devenu l'étendard vestimentaire de l'africain subsaharien qui qui en se l'appropriant totalement le décline à toutes les sauces robes, jupes, pantalons, chemises ou juste noué en pagne autour de la taille.

le wax est le tissu "in" et intemporel dans toutes les contrées de l'Afrique subsaharienne et c'est sans doute aussi l'une des rares choses à survivre dans nos valises d'immigrés arrivés en France, et aussi l'une des rares choses qui nous rappelle le pays et la famille lorsque le blues de l'immigré s'empare de nos êtres. En bwef, le wax et l'africain sont une entité et ne peuvent vivre l'un sans l'autre. 

Aujourd'hui, le pagne devient swag et s'empare des catwalks. Maintenant lorsque l'on voit un boubou (robe de pagne) + la peine de se lever dans le bus et céder sa place, car derrière cet imposant tissu ne se cache plus forcément une Mama mais juste sans doute une modeuse délurée essayant un nouveau style la faisant se sentir tolérante, différente, en phase avec les noirs et le monde entier (hypocrite). Bref le wax se démocratise pour le meilleur et surtout pour le pire... oui
C'est vrai, cette mondialisation des mœurs vestimentaires ne me fait pas bondir de joie puisque à l'origine les européens ont eu le choix et ont reniés ce tissu qu'il jugeait ridicule et l'ont livré sans complexe à l'africain délirant qui saurait se vêtir d'une telle complexité de couleurs criardes et là moi je me sens une nouvelle fois dépouillée par l'occident, après l'or et les diamants volés dans les sous-sols africains, j'ai l'impression que c'est à notre culture que la machine occidentale s'attaque pour faire rentrer nos habitudes dans la norme monotone des catwalks feutrés et codifiés occidentaux. Un créateur africain aura toujours plus de mal à promouvoir une création en wax qu'un John Galliano. Quel Paradoxe! Pourtant ce tissu c'est bien nous africain qui lui avons donné une prestance qui l'avons considérés, même si nous ne l'avons pas créés et ne somme en rien à l'origine de sa conception, ce tissu nous l'avons respecter et avons sût l'honorer lorsque d'autre ne lui ont même pas accordés le bénéfice du doute l'occasion de faire ses preuves. 

 Le wax c'est le pagne que porte ma grand-mère au pays lorsqu'elle pille son foufou(farine de manioc), le pagne c'est le tissu qui orne mes hanches lorsque je tape mes articles incisifs sur ce précieux clavier. Vous l'aurez compris, le pagne fait partie de ma vie et je suis ulcérée lorsque ces tissus aussi significatifs à mes yeux se voit exploités par des créateurs cupides les transformant en œuvres sans doute jolies mais n'ayant aucune âme. Et c'est là tout le problème, le wax pour moi c'est le tissu de l'âme depuis sa naissance à Java son passage en Hollande et son intronisation en Afrique, il en a vu des bouts de cette humanité il s'est vu balancé comme un vulgaire bout de tissu pour ridiculiser un peuple qui serait sans doute le seul à porter des couleurs aussi chatoyantes après ses concepteurs  indonésiens... pourtant ce peuple d'Afrique à sût le magnifier et le traiter à sa juste valeur en fesant de lui le tissu du coeur. En vous décrivant ce que le wax représentait à mes yeux, j'espère que vous pouvez à présent comprendre pourquoi mon être s'enflamme de colère lorsque ce tissu si noble se voit finir en lambeaux sur les corps des  mannequins décharnées Versace. Je ne dit pas que seul les couturiers africains où javanais ont le droit de manipuler cette matière, mais je pense qu'il faut créer en wax sans bafouer l'originalité de ce tissu.

Un jour quelqu'un a dit "Etre fier de sa culture c’est le premier pas pour s’accepter et accepter la culture d’autrui et ainsi être tolérant et ouvert d'esprit". En écrivant cet article, je décrit la fierté que je ressent envers ma culture et les mœurs vestimentaires qui ont bercées mon enfance au Congo, je suis tolérante de la culture occidentale, d'ailleurs je ne suis jamais allée en total look wax au lycée, j'adore la mode et en ce qui concerne mon allure vestimentaire certains palabreurs me traiteront de "bounty", d'aliénée où tout simplement me tchipperont, la mode occidentale me plaît et me fascine le nier serait vous mentir et, pis ce serait même me mentir à moi-même. Je pense être ouverte d'esprit mais je pense que certaines choses de par leur histoire, leur signification doivent rester authentique, sinon elles perdent leur valeur. Ainsi pour moi le  wax fait partie de ces précieuses choses rares qui se suffisent à leur état brut sans être bombés de sophistication quelconque qu'imposerait ce diktat de la mode. Des bisous sucrés à vous mes sweet bénés! 

Love, Euloria aka, Lovelybene!




A marvelous song comes from CONGO!!!


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